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Communiqué

3 questions à Thomas Fauré : un avenir sans Facebook ?
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À l'occasion de la 9ème Journée sans Facebook, ce jeudi 28 février, Thomas Fauré dénonce la schizophrénie technologique qui maintient l'Europe béate devant Facebook, en dépit des mille révélations qui ont été faites à son sujet.

1. Pourquoi donc une Journée Mondiale sans Facebook ?

La Journée Mondiale sans Facebook a neuf ans. Il semble utile de commencer par s’interroger sur les raisons de son existence. Pourquoi diable se priver une journée durant de quelque chose de bon ? Eh bien peut-être que ses utilisateurs y passent de plus en plus de temps, au détriment de toutes leurs autres activités ? Ensuite, pourquoi ne pas se poser la question des intentions de Facebook ? Son installation dans notre paysage « culturel » ne doit pas détourner notre attention de ses étranges pratiques. Après tout, 2018 aura été émaillée de 31 scandales impliquant directement Facebook. Aujourd’hui, plus personne ne peut être dupe. À telle enseigne que les Membres du Parlement britannique viennent de déclarer publiquement que les responsables de Facebook n’étaient rien moins que des « gangsters du numérique ». Si les mots ont un sens, une telle déclaration aurait dû provoquer un véritable séisme mondial ! L’innocuité de Facebook est désormais contestable. Et pourtant… Rien ne semble ébranler le mastodonte. Le nombre d’utilisateurs du réseau social continue de croître grâce à une forte progression en Asie, sans pour autant connaître de baisse significative aux États-Unis ou en Europe. Il suffit à Mark Zuckerberg d’expliquer que le réseau va mettre le paquet en matière de vie privée pour que tout le monde y croit. Même nos entreprises, qui utilisent Workplace (la version collaborative de Facebook), exposent nolens volens données, usages et propriété intellectuelle aux indiscrétions d’une multinationale américaine. 


2. L’Europe a-t-elle encore une chance de jouer un rôle dans le monde technologique ?

L’Europe est une grande romantique. Après avoir conquis le monde, elle est désormais subjuguée par ce Nouveau Continent qui a su l’investir aussi vite et avec autant de puissance. À la question de savoir s’il est encore possible de porter la contradiction aux « GAFA » en matière technologique, on assiste aujourd’hui à un face à face entre deux camps. D’un côté les monomaniaques de l’intelligence artificielle qui considèrent que nous avons été définitivement distancés et que nous devons désormais nous contenter d’attendre patiemment l’extinction de l’Europe. De l’autre, ceux qui appellent à la création de « géants du numérique » en investissant surtout dans des « buzzwords » tels que chatbots, blockchains, crypto-monnaie, Internet des objets et bien sûr intelligence artificielle, sans jamais bien savoir ce que ces vocables désignent. Nous pensons quant à nous qu’il se trouve actuellement en Europe une troisième voie. De nombreuses entreprises existantes, sans pour autant être des géantes, présentent des caractéristiques qui permettent de dire qu’elles ont tout pour devenir telles en un délai raisonnable, et surtout, pour durer. À titre d’exemple, nous observons chez Whaller que de grands groupes nous choisissent, d’abord pour le service que nous savons rendre, et ensuite pour des raisons éthiques au terme desquelles elles proscrivent définitivement tout recours à Facebook. Intervient également, enfin, dans ce choix, une forme de patriotisme économique. Vous avez là en puissance les clefs d’un possible retour de flamme en Europe.


3. Quelles solutions pour un avenir sans Facebook ?

C’est hélas par défaut que l’opinion publique européenne a pris soudainement goût aux questions de vie privée, la fameuse « privacy ». Il a fallu que les géants de la Silicon Valley la foule aux pieds pour que Bruxelles, avec le RGPD, érige des fourches caudines sensées nous protéger de leurs malversations. Or des centaines de millions d’utilisateurs se sont habitués avec Facebook à une plateforme finalement assez rudimentaire. Ainsi, malgré toutes les révélations qui ont été faites au sujet de Facebook, c’est d’abord l’acrasie collective des internautes, qui représente actuellement le plus grand obstacle à un dépassement du monopole de Facebook. On peut naturellement plaider la défense de ces utilisateurs en invoquant l’addiction à laquelle les a soumis une plateforme bâtie sur le recel d’attention et l’exploitation des données personnelles. Reste qu’on n’amènera personne à changer de plateforme par la force ou l’infamie. Nous avons donc devant nous un immense travail de séduction, de communication, mais surtout de service à effectuer pour leur donner un début d’envie de transhumance. Mais le temps presse. Et nous savons tous combien l’économie se développe désormais prioritairement sur ce tissu technologique qu’est Internet. Il nous semble donc important, mais surtout parfaitement possible, de capitaliser d’ores et déjà sur des plateformes existantes. Nous possédons en Europe des technologies puissantes, propriétaires, centrées sur l’expérience utilisateur, et qui sont tout à fait en mesure de permettre, par exemple, les mêmes usages que Facebook ou Google, mais dans un cadre éthique propre au Vieux Continent. Et pour la suite, trois conditions peuvent certainement en permettre le développement à l’état de « géants » : d’abord, il faut que nos institutions, nos entreprises, nos célébrités montrent l’exemple et quittent Facebook, qui n’est pas, loin s’en faut, ce marécage dont nul ne saurait s’extraire. Ensuite, des investissements considérables doivent être placés dans de véritables plateformes. Enfin, nous devons cesser de tout passer, d’abord sur le plan fiscal, aux rouleaux compresseurs de Palo Alto et d’ailleurs, au seul motif qu’ils alphabétisent nos populations avec la seule grammaire qu’ils commercialisent. L’Europe doit construire l’Internet de demain où l’humain retrouve sa place face à la technologie et recouvre le contrôle de ses usages. Si cette opportunité se présente, nous serons alors capables de proposer un avenir sans Facebook, et même sans les GAFA. 


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