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LE POUVOIR D'UNE MÉTHODOLOGIE LINGUISTIQUE REVISITÉE

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À l’heure où la mondialisation n’a jamais été aussi forte, il paraît étrange que si peu de personnes arrivent à se débrouiller dans une autre langue que la leur. Pourtant les professeurs et les méthodes ne manquent pas. Serait-ce donc un manque de motivation ? Ou pouvons-nous raisonnablement dire que peu de méthodes arrivent à faciliter une tâche qui paraît encore trop souvent compliquée ?

"Il est souhaitable en tant que débutant d'omettre certaines règles grammaticales"

Cet article est le 2ème d’une série de 3 articles, où je fais part des leçons que j’ai tirées après avoir appris 12 langues et en avoir analysées plus d’une vingtaine. Si vous n’avez pas lu le premier article ou si vous voulez savoir quelle est mon histoire, je vous invite à lire le premier article : Il faut revoir notre manière d'apprendre les langues


Le concept que je souhaiterais aborder avec vous dans ce deuxième article est le concept de temporalité.

Il s’agit notamment de comprendre qu’il est souhaitable en tant que débutant d’omettre certaines règles grammaticales, ou particularités linguistiques, afin de se donner le temps de se familiariser avec la langue que l’on apprend.

"Ne pas être exhaustif dans un premier temps ne doit pas être considéré comme une erreur"



La temporalité, une notion difficile à accepter

Cette notion de temporalité peut paraître évidente à première vue, pourtant la grande majorité des méthodes débutent par des notions trop complexes. Pourquoi ?

Parce qu’il est tentant, lorsque l’on enseigne une langue, d’être exhaustif dans l’explication des éléments syntaxiques et grammaticaux de cette langue.

"Il paraît incorrect, pour celui qui connaît la règle, d’omettre intentionnellement un cas, si insignifiant soit-il.


Prenons l’allemand par exemple.

En tant que Français, il n’est pas naturel de considérer l’existence d’un troisième genre, en plus du féminin et du masculin. Son apprentissage est donc réellement difficile.

Pourtant le genre neutre (ce « troisième » genre) fait communément partie des premières notions enseignées. Pourquoi ?

Parce que la nécessité d’apprendre les genres se fait ressentir très tôt et il paraît alors très réducteur, incomplet voire incorrectpour ceux qui connaissent déjà bien l’allemand, de s’en tenir aux deux genres français.

C’est une erreur et j’ai mis longtemps à le comprendre

Il est tout à fait possible de débuter l’allemand par les seuls genres que l’étudiant connaît (le masculin et le féminin), et occulter intentionnellement le cas neutre.

C’est d’ailleurs de cette manière que l’on donnera suffisamment confiance à l’étudiant en sa capacité d’apprentissage pour qu’il n’abandonne pas et arrive finalement après un certain temps à aborder cette notion de troisième genre.

"Il est tout à fait possible de commencer l’allemand en occultant le cas neutre


Prenons l’espagnol comme autre exemple.

Qui n’a pas commencé l’apprentissage de l’espagnol par la distinction entre les verbes SER et ESTAR, qui se traduisent tous deux par le verbe ETRE en français ? Peu de gens.

Moi en tout cas, la distinction faisait partie de mes premiers cours. Pourtant c’est une distinction qui n’est pas du tout naturelle pour un Français et qui est donc excessivement complexe à appréhender lorsque l’on débute.

D’autant plus que sa connaissance n’est pas primordiale dans l’expression orale : une phrase restera compréhensible même en utilisant la mauvaise forme du verbe ETRE.

"Savoir faire la différence entre SER et ESTAR n’est pas essentiel pour communiquer en espagnol"


Pourquoi donc ne pas aborder cette différence dans un deuxième temps, une fois que l’étudiant sera capable de communiquer de manière satisfaisante ?

Parce qu’encore une fois, il paraît réducteur voire incorrect, de ne s’en tenir qu’à une seule forme.

Pourtant il y a plus à perdre à vouloir être exhaustif dès le début, car l’exhaustivité à un coût, elle nécessite de nombreux efforts d’adaptation et de mémorisation, surtout lorsque celle-ci touche à des sujets non existants dans la langue de l’apprenant.

"Il y a plus à perdre à vouloir être exhaustif qu’à procéder par étapes et occulter temporairement certaines notions"

Il est essentiel de procéder par étapes et séquencer son apprentissage.



Un apprentissage optimisé se fait en plusieurs temps

De la même manière que l’on ne va pas enseigner à un enfant que l’équation 3 + x = 5 n’a de solution que si elle est définie dans un ensemble qui contient cette solution, on ne doit pas enseigner à un débutant les règles précises de construction syntaxique si celles-ci sont trop différentes de celles trouvées dans sa langue maternelle.

« Il s’agit avant tout de créer un cadre de réflexion simple pour se familiariser avec la langue étudiée »

Chaque langue possède ses propres spécificités.

Et même si l’on pense que ce sont ces spécificités qui font la beauté de la langue - je suis tout à fait d’accord - ce sont aussi ces spécificités qui rendent difficile son apprentissage.

Il est donc important de prendre le temps de les aborder petit à petit, quitte à ne pas être exhaustif dans un premier temps.

Car il s’agit avant tout de créer un cadre de réflexion syntaxique simple, qui répond à des règles temporairement fixées.

"Il faut commencer par les règles qui ont une équivalence directe avec notre propre langue, et occulter les autres"


Ce faisant, on se donne le temps de se familiariser avec la langue et d’acquérir petit à petit ses éléments fondateurs. C’est une manière d’éviter de se mettre face à des situations trop complexes et de limiter de facto sa probabilité d’abandon.

C’est une approche qui est d’autant plus essentielle que la langue que l’on apprend est différente de la nôtre.


Je m’en suis rendu compte lorsque j’ai voulu apprendre le russe et les langues slaves qui ont une multitude de règles grammaticales et de cas. Il m’était impossible de tous les apprendre, et il fallait pour autant que j’avance dans mon apprentissage.

La seule solution était de commencer par les règles qui avaient des équivalences directes dans ma propre langue, et d’occulter les autres.

De la sorte, je me rassurais et me donnais le temps de me familiariser avec la langue. Mes progrès furent immédiats.

Ce n’est que dans un second temps, quand ces règles « naturelles » ne me permettaient plus d’aller plus loin que je commençais à apprendre les autres règles.

"C’est à cette condition que les langues deviendront enfin accessibles au plus grand nombre"


De manière générale, ce n’est donc que dans un second temps que les détails devront être enseignés. Ainsi ils pourront être amenés progressivement et être abordés avec confiance par l’apprenant.

C’est à cette condition que les langues, même les plus complexes, deviendront enfin accessibles au plus grand nombre, sans condition de motivation et de prédisposition particulière.



Comme mentionné plus haut, cet article est le 2ème d’une série de trois articles, où je fais part des leçons que j’ai tirées de mon expérience, après avoir appris 12 langues et en avoir analysées plus d’une vingtaine. Si vous n’avez pas lu le premier article ou si vous voulez connaître mon histoire, je vous invite à le lire : Il faut revoir notre manière d'apprendre les langues


Si vous voulez voir à quoi ressemble un apprentissage linguistique qui applique les principes décrits dans ces articles : www.speekoo.com


Etienne Genvrin,

Fondateur Speekoo

GENVRIN ETIENNE

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